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Macroéconomie
03.12.2021
Arne Maes Senior Economist

La croissance économique : un coup de frein ou d'accélérateur ?

Le produit intérieur brut (PIB) a à nouveau été supérieur aux attentes au troisième trimestre. L’économie a ainsi finalement dépassé le niveau d'avant le coronavirus. Mais l'avenir est incertain. La hausse des contaminations et la baisse de la confiance des consommateurs risquent de réduire encore les dépenses de consommation. Nos prévisions à très court terme tablent sur une croissance d’à peine 0,3% au quatrième trimestre. Si c’est toujours mieux que la contraction observée à Noël l'an dernier, le risque de voir le même scénario se répéter est bien réel.

Dans les semaines à venir, les mesures de distanciation pèseront à nouveau sur l’économie. Mais celle-ci a déjà commencé à ralentir. Le PIB a pourtant déjà dépassé son niveau pré-coronavirus au troisième trimestre, beaucoup plus rapidement donc que dans d’autres pays européens (voir l'article précédent à ce sujet ).

La prochaine étape sur la voie d'une normalisation de la croissance économique a été amorcée. Mais le parcours est très sinueux. La consommation privée s’est redressée au trimestre dernier, après toutes les autres composantes du PIB (voir l'article précédent à ce sujet). L’augmentation des contaminations, qui a un impact négatif sur la confiance des consommateurs, risque de freiner à nouveau nos dépenses.

La consommation au niveau attendu, l’e-commerce continue de croître

Nous pouvons identifier les modèles de consommation depuis le début de la pandémie sur la base des dépenses agrégées de nos clients Retail. Le graphique ci-dessous montre combien nous avons dépensé chaque semaine par rapport à la semaine correspondante en 2019.

Comme nous l'avons dit précédemment, nous nous trouvions à nouveau au niveau pré-coronavirus juste avant l’été 2021. Au cours des premières semaines de vacances, il était même question d'une demande comprimée : nous avons fait couler l’argent à flot après quelques trimestres où nous n'avions tout simplement pas eu la possibilité de dépenser nos sous dans les restaurants ou en faisant du shopping en magasin*.

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Les dépenses se sont ensuite stabilisées. Les chiffres semblaient même se normaliser ces dernières semaines. Ce n’est toutefois qu’une question de temps avant que la recrudescence du virus ne vienne à nouveau gâcher le plaisir. C’est un phénomène que nous avions déjà observé lors des vagues précédentes. Le graphique ci-dessous montre qu’à chaque fois que le nombre de patients atteints de la Covid admis aux soins intensifs a augmenté de façon significative, notre consommation a diminué.

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Autrement dit : nous avions déjà commencé à reporter nos dépenses lorsque nous avions commencé à nous inquiéter davantage pour la Covid, sans attendre un renforcement des mesures du gouvernement. Le fait que la confiance des consommateurs, un élément prédictif important de la consommation des ménages, ait déjà atteint en novembre son niveau le plus bas depuis avril nous conforte dans l’idée qu’un nouveau ralentissement est imminent.

Perspectives

De nouvelles mesures (plus strictes) pour la période de Noël, après une période de contaminations en forte hausse : c'est un scénario que nous connaissons bien, depuis l’an dernier. À l’époque, l’économie s’était de nouveau contractée entre octobre et décembre.

Aujourd’hui, nos prévisions à très court terme (voir l'article précédent à ce sujet) pour le quatrième trimestre de 2021 tablent sur une croissance trimestrielle de 0,3%. Il s’agit d’un solide ralentissement par rapport à la croissance de 2,0% du PIB enregistrée entre juillet et septembre.  Cette prévision tient compte de la nouvelle poussée du virus, en intégrant notamment la confiance des consommateurs. Il faut également souligner que la prévision du modèle ne peut pas exclure une contraction de l’économie au quatrième trimestre. En d’autres termes, il existe un risque baissier important autour de nos attentes pour le T4.

Pour l’ensemble de l’année 2021, nous tablons sur une croissance de 6,1%. L’économie devrait encore souffrir du virus au cours des premiers mois de 2022, et ensuite la croissance devrait à nouveau s’accélérer au second semestre. Pour l’ensemble de 2022, nous prévoyons ainsi une croissance de 3,1%.

* Une étude intéressante de la Banque nationale sur notre comportement en matière d’épargne approfondit ce point. Étant donné que l’épargne a surtout augmenté chez les ménages ayant des salaires plus élevés, il semble peu probable que cet argent pousse à nouveau temporairement la consommation à la hausse.

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis.
Arne Maes Senior Economist
Arne Maes (né en 1985 à Ekeren) détient un Master of Science en Ingénierie commerciale de l’université d’Anvers, avec spécialisation en politique économique. Au sein de la banque, Arne est expert en économie belge et travaille, de surcroît, à la création et l’entretien des modèles de prévision du service, ainsi qu’au développement de nouvelles idées de recherche. En savoir plus

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