Il y a quelques semaines, les chiffres du PIB ont été revus. D’après les derniers en date, la contraction économique a été de 5,7% l’année dernière. C’est beaucoup mieux que ce que l’on craignait. Par conséquent, la reprise prendra moins de temps.
Nous prévoyons que l’économie belge va dépasser son niveau de fin 2019 cette année. Pour l’année entière, la croissance serait de 5,9% cette année-ci et de 3,5% l’année prochaine. Pour le 3e trimestre qui vient de s’écouler, nos derniers chiffres laissent supposer une croissance de 1,4%. Derrière ces chiffres, se cache toutefois une réalité plus complexe.
Monitoring
Notre ‘nowcast’ (voir cette contribution antérieure) suit entre autres les mouvements entrants de trésorerie - les données sont anonymisées - de nos clients entreprises. Le graphique qui suit montre que, et dans quelle mesure, ces transactions se situent de nouveau au-dessus du niveau pré-corona depuis le début de cette année. La moyenne du trimestre (la ligne verte) fait office d’étalon pour les chiffres d’affaires réels, c’est-à-dire corrigés pour tenir compte de l’inflation en hausse.
Nous constatons que le niveau d’activité des entreprises tout au long de 2021 était parfois supérieur de 10% au niveau de fin 2019. La moyenne mensuelle montre une légère tendance à la baisse depuis août. Toutefois, cela ne s’applique pas à tous les secteurs. Le graphique suivant illustre la situation de l’horeca.

Ce secteur a, comme on le sait, fort souffert des mesures de distanciation*. Pendant l’été de l’année dernière, le niveau réel d’activité de l’horeca était encore inférieur de 10% à celui de fin 2019. Par la suite, on a constaté un fort recul, les mesures plus strictes prises aux fêtes de fin d’année gardant les consommateurs à la maison.
La reprise a eu lieu en majeure partie cet été. Après, la moyenne mensuelle a de nouveau baissé et on se demande vraiment s’il y aura encore du changement maintenant que les contaminations repartent à la hausse.
Regard sur l’avenir
L’économie belge s’est redressée rapidement (voir cette contribution) et tôt ou tard nous devions forcément être en butte à un ralentissement de la croissance. Les mois à venir, la consommation privée occupera le devant de la scène. C’est la seule composante du PIB qui, d’après les dernières statistiques de la Banque nationale de Belgique, se trouve encore sous son niveau pré-corona.
La reprise de la consommation devra se faire dans un contexte de contaminations en recrudescence d’inflation en accélération. C’est donc une fin d’année intéressante qui nous attend : que la dinde sera un peu, beaucoup plus chère est une certitude mais espérons que nous pourrons cette fois lui faire honneur avec toute la famille.
* Au début de la crise, nous avions déjà observé que les habitudes de consommation changeaient avant même que les mesures gouvernementales ne soient annoncées, au moment où les chiffres des contaminations grimpaient en flèche. Autrement dit, nous adaptons notre comportement par peur plutôt que par contrainte.