Le cocon du réseau traditionnel des agences et des canaux digitaux est sur le point d'éclater et d'évoluer vers une plateforme sur laquelle certains acteurs proposeront des services non-bancaires. Quel rôle doit jouer une grande banque comme BNP Paribas Fortis dans cet écosystème? Michael Anseeuw, General Manager Retail Banking, s'associe à la Haute École Vlerick pour répondre à cette question.
La banque évolue vers un écosystème digital

Que la banque évolue et s'oriente vers un écosystème digital où elle doit répondre aux nouvelles attentes des clients, en mettant en place de nouveaux business models et d'autres façons d'interagir avec eux, nul n'en doute plus. Transposer cela dans la réalité concrète, c'est l'affaire de Michael Anseeuw et de ses équipes. "La directive européenne sur les services de paiement (PSD2) oblige les banques de l'UE à s'ouvrir davantage à des tierces parties, et fait de l'open banking une réalité."

Open banking, kesako?

"L'open banking signifie qu'une banque ne propose pas seulement ses produits via son réseau d'agences et ses propres canaux digitaux, mais aussi via une plateforme où interviennent également des acteurs non bancaires, et via des tiers, pour qu'ensemble ils puissent répondre aux besoins du client. Quelqu'un qui souhaite un crédit hypothécaire, par exemple, se verra aussitôt proposer d'autres services qui lui seront sans doute utiles: fournisseur d'énergie, opérateur télécom, notaire... La banque, avec sa 'Vision 2020', s'inscrit dans cette vision du futur. Mais nous voulons aussi y associer de futurs partenaires potentiels", précise Michael Anseeuw. "C'est pourquoi nous nous sommes engagés dans un partenariat – une chaire – avec la Haute École Vlerick."

Dans un premier temps, cette chaire entend définir plus précisément le rôle que doit jouer la banque dans ce nouvel écosystème. "En tant que grande banque, nous voulons avoir un rôle central", poursuit Michael Anseeuw, "mais devons-nous pour autant être la locomotive d'un tel projet? Ça, c'est une autre question."

Prototype

Dans une deuxième étape, le Centre for Financial Services de Vlerick ouvrira une sorte de labo d'open banking, à partir du mois de septembre, où BNP Paribas Fortis se penchera avec ses partenaires non bancaires sur les surprises, bonnes ou mauvaises, qui pourraient les attendre sur le chemin. 

L'étude doit clarifier l'impact de la mutation digitale sur les services financiers et faire l'ébauche d'un prototype du modèle de plateforme intersectorielle vers lequel la banque veut aller. Le partenariat, sous forme de chaire, fait d'ailleurs également partie de la stratégie de la banque en matière de responsabilité sociétale.

"Nous ne pouvons être obnubilés par l'inconnu", fait encore remarquer Michael Anseeuw. "Améliorer ce qui existe déjà, c'est aussi de l'innovation. Mais nous devons surtout changer radicalement de mentalité. La clientèle de RPB est extraordinairement hétérogène: de 0 à 100 ans, il n'y a plus véritablement de segment clé, les d'attentes des uns et des autres sont également très différentes. Dès lors, la notion de vitesse est cruciale. Si nous abordons la question de l'innovation avec intelligence et la développons à la vitesse adéquate, nous pouvons aller loin. Beaucoup de choses en dépendent…"

NB: Cet article est une adaptation d'un texte paru en néerlandais et en anglais sur le site de la Vlerick Business School.