On fait le point épisode 30 : Qu’en est-il aujourd'hui de la globalisation ?

Dans ce 30épisode du podcast On fait le point, Koen De Leus, Chief Economist, lance un nouveau concept : la multiglobalisation. Avec le Chief Strategy Officer Philippe Gijsels, Koen se penche sur les dernières évolutions au niveau de la globalisation, après la slowbalisation, la déglobalisation et le reshoring et le friendshoring qui l'ont accompagnée.

Nous résumons dans ce synopsis les principales idées de cet épisode.

Envie d'en savoir plus ? Vous pouvez dans ce cas écouter le podcast – en néerlandais – via les canaux habituels.

Que pouvez-vous attendre de synopsis ?

La mondialisation fait son retour depuis 2008. Cependant, alors que le commerce international de biens connaît une croissance moins importante qu’auparavant, le commerce international de services augmente. En outre, le commerce international n’est plus le terrain de jeu quasi exclusif de la Chine. De nombreux autres pays sont également actifs dans le commerce mondial de biens et de services. Plusieurs pays, plusieurs services et plusieurs biens, d’où le mot « multiglobalisation ».

Voilà pour cette petite introduction, passons à présent au synopsis.

Pourquoi la globalisation fait-elle son retour depuis 2008 ?

La globalisation a atteint son pic vers 2008 – et cela n’a rien à voir avec la crise mondiale de l’époque. Quelle en était dès lors la cause ? À cette époque, les entreprises avaient atteint les limites de l’efficacité de la chaîne de valeur mondiale, qui était devenue trop complexe. Il s’en est suivi un reshoring limité, dans le cadre duquel les produits ont à nouveau été fabriqués plus près des entreprises.

Le coût de la main-d'œuvre en Chine avait entre-temps déjà tellement augmenté qu’il était également moins intéressant financièrement de produire là-bas. Le commerce mondial avec la Chine a encore diminué à la suite de la guerre commerciale avec les États-Unis et de l’augmentation des taxes à l’importation.

Enfin, la Covid nous a confrontés aux inconvénients des chaînes de valeur mondiales. Les entreprises préfèrent désormais les options redondantes plutôt que les livraisons « just-in-time ». Même si cela a un coût.

Quelle est la différence entre le monde d’avant et d’après 2008 ?

Le monde d’avant 2008, c’est l’époque de l’hyperglobalisation. Entre 2001 et 2008, le commerce mondial progressait de près de 6% par an. Le commerce mondial a tiré l’économie globale. En revanche, entre 2013 et 2017, le commerce mondial n’augmentait plus que de 2,8% par an. Autrement dit, le commerce mondial a contribué au ralentissement de la croissance globale durant cette période. Et c’était encore avant la Covid.

Si nous prenons un peu de recul, nous voyons que le monde s’est ouvert à partir des années 80 : Reagan et Thatcher au pouvoir, la chute du mur de Berlin, la Chine qui rejoint l’organisation mondiale du commerce. Un monde unipolaire où les États-Unis, surtout, jouaient le premier rôle. Aujourd’hui, des murs ont à nouveau été bâtis, au propre comme au figuré. Le monde est moins ouvert et davantage multipolaire.

Nous vivons une époque de multiglobalisation. Qu’entendons-nous par là ?

Ce « multi » de la multiglobalisation vient de plusieurs choses. Outre le commerce mondial de biens, il y a de plus en plus de commerce international de services. La Chine n'est plus la seule aux commandes, comme c’était le cas pendant la période de l’hyperglobalisation. Elle doit partager la scène avec de plus en plus de pays émergents.

Pour que les choses soient un peu plus concrètes : en 1990, les services ne représentaient que 9% des flux commerciaux internationaux, ce chiffre était de 12% en 2008 et aujourd’hui, nous sommes à 20%. Cela est en grande partie dû à la numérisation. Il est par exemple plus facile de se réunir et de travailler sans se déplacer physiquement. Pensez aussi à l’émergence des call centers et des services IT à distance. Même les cours seront peut-être bientôt donnés par des professeurs compétents, mais moins chers, en Inde. Les autres pays qui gagnent en importance en cette période de multiglobalisation sont le Vietnam, le Mexique, Taïwan, la Malaisie et la Corée du Sud.

Allons-nous importer moins de produits en provenance de Chine à l’avenir ?

Peut-être que oui. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine se poursuit. Il y a de fortes chances que l’Europe prenne également des mesures protectionnistes, par exemple en ce qui concerne l’importation de voitures électriques provenant de Chine. D'autant plus à un moment où elles menacent vraiment les ventes de voitures françaises et allemandes.

Dans l’industrie, nous constatons un glissement de l’offshoring vers le reshoring. Plutôt que de dissocier de manière extrême toute la chaîne de valeur, les entreprises fabriquent à nouveau (des parties de) leurs produits plus près de chez elles, et parfois même en Europe ou aux États-Unis. Cela pourrait mener à une renaissance industrielle aux États-Unis et en Europe.

Dans le même ordre d’idées, les pays tentent également d'avoir la main sur des matières premières importantes, ou du moins de se les procurer auprès de nations amies.

Le contrôle des matières premières et la recherche d’un « friendshoring » sont devenus des points importants pour les pays. C’est notamment le cas pour les terres rares. Il s’agit de matières premières importantes extraites en très petites concentrations. Les États-Unis en ont de grandes quantités, mais l'extraction n’était pas suffisamment rentable. La Chine a en revanche investi massivement dans l’exploitation de terres rares et en récolte désormais les fruits. Mais depuis, les pays travaillent pleinement à la « resource security » ou à la sécurité des matières premières.

 

AVERTISSEMENT

Ce texte est un résumé du podcast « On fait le point », enregistré le 7 août 2023. Les opinions exprimées dans ce podcast et dans ce résumé sont celles du présentateur et des personnes interviewées et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de BNP Paribas Fortis.