Notre première responsabilité, c'est d'être une bonne banque. Et chacun, à son niveau, peut y contribuer.
Wilfried Remans, Head of CSR & Public Affairs
'BNP Paribas Fortis' et 'banque responsable' ne vont pas forcément de pair pour nos clients ni, comme l'a démontré le dernier GPS, pour les collaborateurs. Qu'est-ce que cela vous inspire?
"Combien de fois ne m'a-t-on pas dit, dans cette entreprise: 'Je veux donner du sens à ce que je fais et je rêverais de travailler pour une ONG, ou alors chez CSR'. Mais travailler dans une banque, et singulièrement chez BNP Paribas Fortis, a beaucoup de sens. Chaque année, notre entreprise injecte près de 100 milliards d'euros dans l'économie. Elle finance des écoles, des hôpitaux, elle aide les entrepreneurs à réaliser leur projet, elle finance une maison sur quatre en Belgique. Elle donne de l'emploi à 14.000 personnes et contribue au bon fonctionnement de l'Etat et de la sécurité sociale à hauteur de un milliard d'euros. Ce n'est pas rien. Notre première responsabilité, c'est d'être une bonne banque. Et chacun, à son niveau, peut y contribuer."
La crise financière et l'amende américaine ont laissé des traces. Et la banque et le Groupe font régulièrement l'objet d'attaques de la part des ONG. Comment convaincre dans ce contexte?
"En expliquant ce que nous faisons, encore et encore. Aux ONG, qui jouent leur rôle et avec lesquelles nous devons entretenir un dialogue constructif. Aux clients, en leur proposant des produits transparents et durables. Et aux collaborateurs, auxquels nous devons démontrer que la CSR est partout dans l'entreprise et n'est pas le fait d'un petit département."
Que leur dites-vous, précisément, aux collaborateurs?
"Que nous avons tiré les leçons de la crise financière et de cette amende en nous concentrant sur le financement de l'économie réelle, en renforçant significativement nos règles de compliance, en adoptant un code de conduite interne et en formant nos collaborateurs. Mais aussi que la CSR a énormément évolué ces quinze dernières années. Si, pendant longtemps, elle se résumait à de la philanthropie, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Grâce à nos politiques sectorielles, nous ne finançons pas n'importe qui, ni n'importe quoi. Savez-vous que 212 entreprises figurent aujourd'hui sur notre liste d'exclusion et que 85 sont placées sous surveillance?"
"Je leur dirais aussi que nous opérons, dans tous les métiers, des choix 'positifs'. Le Groupe a par exemple décidé, dans la foulée de la COP21, de doubler ses investissements dans les énergies renouvelables. De même, notre offre de produits ISR (Investissement Socialement Responsables, ndlr) s'est considérablement développée ces dernières années et est proposée par défaut à notre clientèle Private Banking (et bientôt aussi à celle de Retail), au point que BNP Paribas Fortis est depuis 2015 leader sur ce marché. La banque soutient en outre activement l'entreprenariat social ou encore le microcrédit. Il s'agit là de politiques volontaristes, qui touchent directement notre cœur de métier. Et de nombreux autres développements sont en cours."
"Enfin, il me semble bon de rappeler que 'mener une politique ambitieuse de Corporate Social Responsibility' figure dans le top 3 des priorités récemment annoncé par le Groupe dans son business plan 2020. C'est particulièrement réjouissant. Tout comme le fait que Vigeo (agence de notation des entreprises sur base des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), ndlr) attribue une note de 64/100 à BNP Paribas, plaçant le Groupe devant toutes les autres banques européennes."
On comprend que la CSR s'insinue dans toutes les activités bancaires, du crédit au placement. Mais comment le collaborateur lambda peut-il s'engager, concrètement?
"L'implication croissante des collaborateurs – en plus de l'engagement inhérent à leur fonction - est une autre évolution majeure de la CSR dans notre entreprise. Il est aujourd'hui par exemple possible d'accomplir une mission dans le domaine de la microfinance à l'étranger, avec Benevolab, ou encore d'accompagner un jour par semaine les micro entrepreneurs de microStart. Les collaborateurs peuvent également s'investir en organisant un Solidarity Team Building, en devenant EcoCoach, en rejoignant l'un des nombreux réseaux de la banque (MixCity, Friends of Africa, O2, MIC, 35Beaufort, Pride, ndlr) ou en participant à un événement sportif lié à une bonne cause."
"Les possibilités de s'engager sont légion, et nous allons encore étoffer cette offre cette année. Au sein de mon équipe, Anne-France Simon est d'ailleurs en charge de développer la 'CSR Experience' au sein de l'entreprise. Je n'en dis pas plus pour l'instant, mais je suis certain que Dixit Today révélera bientôt de quoi il s'agit!"
Profil
Wilfried Remans a commencé sa carrière en tant que conseiller juridique et responsable du département international de la Croix-Rouge de Belgique. A ce titre, il a participé aux négociations qui ont abouti au traité d'Ottawa, une convention internationale sur l'interdiction des mines antipersonnel. Il a ensuite rejoint un tout autre secteur, celui de l'aviation, en devenant porte-parole de la Sabena, dont il a connu la faillite. Ce poste de porte-parole et de responsable pour l’équipe presse, il l’occupera aussi chez Fortis, y compris en pleine crise financière. Ces six dernières années, Wilfried était responsable du département Social Relations de BNP Paribas Fortis. Il avait notamment en charge la supervision des négociations avec les partenaires sociaux ainsi que les activités liées au bien-être des collaborateurs. Depuis le 1er octobre, il rapporte à Sandra Wilikens et occupe le poste de Head of CSR & Public Affairs.