Depuis août 2021, l’inflation belge a atteint en moyenne 1 point de pourcentage par mois. En janvier, notre pays a enregistré la plus forte inflation de toute l’Union européenne, après la Lituanie et l’Estonie. Qu’est-ce qui explique cette flambée ? Et à quoi devons-nous nous attendre au cours des prochains mois ?
Le coût de l’énergie pousse les prix vers le haut
En 2021, l’inflation totale s’est élevée à 3,2%. Le graphique ci-dessous montre la contribution de la composante énergétique dans cette inflation. La hausse des prix dans cette partie du panier est responsable de la hausse totale à raison de 2,2 points de pourcentage. L’inflation observée dans les services, les biens industriels non énergétiques et l’alimentation s’est maintenue pratiquement au même niveau qu’avant la crise du coronavirus.
La composante énergétique évolue en général parallèlement aux prix du pétrole qui, en 2020, ont contribué négativement à l’inflation totale. Depuis plusieurs trimestres, ce lien historique semble quelque peu s’étioler. L’accélération de l’inflation au niveau de sa composante énergétique est aujourd’hui en grande partie déterminée par les prix du gaz et de l’électricité. Et l’économie belge y est, pour plusieurs raisons, particulièrement sensible.
La Belgique lève des accises moins élevées sur le diesel de chauffage que les pays voisins. Les taxes qui influencent le prix du gaz sont également inférieures dans notre pays. Par conséquent, la hausse des prix sur le marché de gros pèse plus lourdement sur les prix de vente aux consommateurs finaux. En novembre, la hausse du prix du gaz a atteint 113%. Par ailleurs, le prix de l’électricité a également augmenté dans notre pays. Entre juillet et décembre de l’an dernier, il a bondi de 35%, contre moins de 2% en Allemagne et en France.
Que nous réserve l’avenir ?
Nous nous attendons à la poursuite graduelle de la hausse du prix du pétrole et à une (légère) remontée du cours du dollar. Même si les prix du gaz se normalisent à partir du deuxième trimestre, l’inflation sera plus élevée cette année qu’en 2021. Cette situation est surtout la conséquence de l’effet de base, qui devrait s’estomper au fil du temps.
En cas de normalisation de l’inflation des prix de l’énergie d’ici la fin de l’année, elle sera métissée par la hausse de l’inflation au niveau d’autres composants, qui reprendront un rôle moteur et mettront un plancher sous l’inflation totale. Nous nous attendons à ce que l’inflation de base s’accélère en cours d’année. C’est la conséquence de ce que la Banque Nationale de Belgique (BNB) qualifie de réouverture de l’inflation, tension sur le marché du travail et indexations salariales successives.
Le graphique ci-dessous montre la comparaison de nos estimations au scénario le plus récent élaboré par la BNB. Il date de la fin de l’an dernier et se base sur la baisse des prix du pétrole à cours euro/dollar inchangé. Pour l’ensemble de 2022, nous nous attendons à une inflation de 5,7% et à encore près de 2% l’année suivante.