Macroéconomie
30.03.2017
Arne Maes Economic Advisor

Les taux d’intérêt et les œufs de Pâques

Aujourd’hui, plusieurs pays européens communiqueront les taux d’inflation pour le mois de mars. On peut s’attendre à ce que la progression accélérée des prix du continent européen continue vers l’objectif des 2 % fixé par la BCE.

Ce mois-ci, nous avons pourtant pu observer un léger recul, en partie suscité par « l’effet de Pâques ». Pendant le week-end de Pâques, on constate typiquement une demande accrue de chambres d’hôtel et de moyens de transport, occasionnant leur renchérissement. Par ailleurs, les hôtels profitent régulièrement de ce week-end pour revoir leurs prix (à la hausse) pour la saison à venir.

Si ces composants « services » ne représentent que 6 % de l’inflation sous-jacente, l’historique montre quand même un léger pic dans le mois de Pâques. Étant donné que Pâques tombait en mars l’année passée et en avril cette année-ci, cet effet tire légèrement vers le bas l’indice d’inflation sous-jacente de ce mois-ci.

Corrigé en ce sens, le taux sera pour la plupart des pays en phase avec la tendance de l’inflation croissante. Une nouvelle confirmation de cette tendance augmente la pression s’exerçant sur la politique de faibles taux menée par la BCE.

Ces derniers jours, Peter Praet, membre du Comité exécutif de la BCE, a cependant modéré à plusieurs reprises la prévision d’une politique monétaire souple touchant bientôt à sa fin. Une belle interaction entre M. Praet et le président Draghi, qui – de son côté – semblait déjà offrir au début du mois de nouvelles perspectives pour la stratégie de sortie de la banque européenne. Nos économistes reconnaissent bien ce mode opératoire : la BCE lance un ballon d’essai, observe la réaction des marchés et modère ensuite à son gré le message original.

Nous nous attendons à ce que la politique de taux reste inchangée pendant la premier semestre de l’année. Au cours de cet été, la BCE osera sans doute changer définitivement son fusil d’épaule, du moins dans sa communication. Si la tendance de l’inflation est confirmée au cours des mois à suivre, elle passera encore cette année à la cessation progressive de sa politique monétaire souple. Nous prévoyons dès lors une première hausse des taux d’intérêt à la Noël.

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis.
auteurs
Arne Maes Economic Advisor
Arne Maes (né en 1985 à Ekeren) détient un Master of Science en Ingénierie commerciale de l’université d’Anvers, avec spécialisation en politique économique. Au sein de la banque, Arne est expert en économie belge et travaille, de surcroît, à la création et l’entretien des modèles de prévision du service, ainsi qu’au développement de nouvelles idées de recherche.