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Politique
05.09.2019
Arne Maes Economic Advisor

L’amélioration de l’enseignement ne coûte pas forcément plus cher

Plus tôt dans la semaine, le journal De Tijd a publié un article sur les réformes de l’enseignement flamand. Les résultats les plus récents de l’enquête PISA* étaient particulièrement élevés, même si la Flandre figurerait parmi les pays dont la note a le plus diminué. De récents travaux universitaires offrent des solutions pour améliorer les notes, aussi bien des étudiants faibles que des plus forts.

La mentalité adéquate

Une intervention simple et peu coûteuse peut-elle améliorer les résultats scolaires ? Telle est la question à laquelle a tenté de répondre un groupe d’universitaires avec l’aide de 65 écoles américaines. Pour leur expérience, une partie des plus de 10 000 étudiants participant ont suivi une courte formation en ligne sur l’intérêt d’adopter une mentalité de croissance**. Les universitaires ont par la suite constaté une nette amélioration des résultats scolaires parmi les élèves qui obtenaient de faibles résultats avant d’avoir suivi la formation.

Mais il ne s’agit pas seulement de recevoir des conseils. Dans le cadre d’une autre étude, des élèves de secondaire ont donné des mots d’encouragement à d’autres élèves plus jeunes. Au prochain trimestre, les élèves qui avaient donné les conseils enregistraient de meilleurs résultats. Les auteurs de l’étude supposent que cette courte conversation de moins de dix minutes encourageait les élèves ‘conseillers’ à travailler davantage pour l’école après.

Le travail de groupe, ça marche !

La façon dont les cours sont donnés joue également un rôle important. Une étude récente a montré que l’assimilation de la matière en petits groupes influait positivement sur les résultats d’apprentissage. Les étudiants autorisés à travailler en groupes pendant plus de la moitié des heures de cours enregistraient de plus grands bénéfices d’apprentissage que ceux des groupes de contrôle, qui suivaient un enseignement classique ‘ex cathedra’ pendant au moins la moitié des heures de cours.

Les chercheurs ont également constaté que l’utilisation de simples feuilles de travail, à remplir par les étudiants, ne fait que renforcer cet effet. Encore selon les chercheurs, le fait qu’il s’agisse ici de papiers plutôt que de documents numériques contribuerait aussi au développement de la capacité de résolution de problèmes des étudiants***.

Les filles et la science

La relative sous-représentation des filles dans les filières scientifiques, un problème qui ne date pas d’hier, ressort clairement des études PISA. De récents travaux voient une explication dans la théorie de l'avantage comparatif. L'étude montre que les filles de 15 ans qui sont fortes en math, bien plus que les garçons du même âge, sont encore plus fortes en compréhension à la lecture. Cela les pousserait à s'engager par la suite dans des études d'histoire plutôt que, par exemple, dans l'étude de la physique.

Les auteurs proposent un accompagnement plus intensif pour les garçons faibles en compréhension écrite. Cette mesure pourrait remédier au déséquilibre des genres mais ce serait alors au détriment du nombre total d'étudiants optant pour les sciences plus exactes. Dans une réaction à cette étude, Alex Tabarrok pousse les choses un peu plus loin. Ne vous spécialisez pas, dit-il, dans ce que vous faites bien mais dans ce qui paie bien.

De quoi inspirer le prochain ministre flamand de l'Enseignement.

 

* Il s’agit ici des résultats de l’édition 2015. Le rapport triennal portant sur les résultats de l’édition 2018 devrait paraître plus tard cette année.

** Voir par exemple l'étude antérieure de Carol Dweck, l'un des universitaires qui a participé à cette étude.

*** L'impact de l'arrivée du matériel didactique numérique de lecture sur les connaissances et aptitudes des étudiants est moins clair. Cette étude donne un aperçu de la question.

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis.
Arne Maes Economic Advisor
Arne Maes (né en 1985 à Ekeren) détient un Master of Science en Ingénierie commerciale de l’université d’Anvers, avec spécialisation en politique économique. Au sein de la banque, Arne est expert en économie belge et travaille, de surcroît, à la création et l’entretien des modèles de prévision du service, ainsi qu’au développement de nouvelles idées de recherche. En savoir plus

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