
Le contexte économique
Sur l’ensemble de l’année 2022, la croissance économique belge
le manque de gaz russe en Europe en y vendant des quantités
a atteint 3,1 %, grâce à un excellent premier semestre et à la
impressionnantes de gaz liquide à des prix extrêmement élevés,
levée définitive des mesures liées à la pandémie de coronavirus.
engrangeant au passage des milliards de dollars tout au long
La seconde partie de l’année a par contre été affectée par les
de l’année.
conséquences de la guerre en Ukraine, qui ont touché l’écono-
Sans surprise, la flambée inédite des prix partout dans le monde
mie mondiale et plus particulièrement l’Europe en raison de sa
a provoqué une envolée des taux d’intérêt : aux États-Unis, la
proximité géographique et de sa forte dépendance au gaz russe.
Banque centrale a relevé son principal taux directeur à sept
La flambée du prix de l’énergie s’est ajoutée aux autres hausses
reprises sur l’année, le portant de 0,25 % à 4,5 % tandis qu’en
de prix déjà bien tangibles depuis le milieu de l’année 2021, en
Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a procédé à quatre
ligne avec le net rebond des économies du monde entier. L’inflation
hausses consécutives de ses taux directeurs entre juillet et
belge a dès lors dépassé les 13 % au mois d’octobre avant d’amor-
décembre, portant le taux de refinancement des banques auprès
cer un léger recul par la suite.
de la Banque centrale de 0 à 2,5 %. Dans le même temps, la
Ces hausses de prix vertigineuses ont dégradé de manière rapide
BCE a décidé de réduire la quantité de liquidités mise dans le
et significative la confiance des agents économiques du pays, et
système bancaire suite à la crise sanitaire, ce qui a provoqué
ce en dépit de l’indexation automatique des salaires en vigueur
un début de réduction de la taille des bilans des principales
en Belgique. La flambée de la facture énergétique a en effet
institutions monétaires.
rapidement laissé augurer d’une forte hausse des coûts dans les
Le choc inflationniste a été tellement soudain que les marchés
mois suivants, déprimant les perspectives pour les entreprises.
obligataires en ont souffert lourdement tout au long de l’année. En
Sans surprise, les investissements ont dès lors reculé tout au
l’espace de quelques mois, le rendement des obligations à 10 ans de
long de l’année car la plupart des entreprises se retrouvent
l’état américain est passé de 1,5 % à 3,3 %, tandis qu’en Europe, les
confrontées à des défis de taille sur les fronts de la rentabilité et
taux à 10 ans passaient de 0,3 % en début d’année à 3,2 % à la fin
de la compétitivité. Beaucoup d’entre elles disent d’ailleurs miser
du mois de décembre. En Belgique, le taux des emprunts d’État à 10
davantage sur l’automatisation et le numérique à long terme. Le
ans est passé de 0,2 % à 3,1 % sur l’année écoulée. Dans la foulée, les
contexte géopolitique s’est révélé tellement tendu tout au long
taux d’intérêt des emprunts hypothécaires ont augmenté de manière
de l’année que la confiance des ménages belges est tombée plus
substantielle, donnant parfois un réel coup d’arrêt aux marchés
bas qu’en mars 2020, lors du premier confinement lié à la crise
immobiliers des pays où les emprunts se font à taux variable. La
sanitaire. Elle s’est légèrement redressée en fin d’année, lorsqu’il
Belgique échappe à ce scénario car la très grande majorité des
est devenu évident que le pic des prix de l’énergie et de l’inflation
emprunts se fait à taux fixe, ce qui explique la très bonne tenue du
était vraisemblablement passé.
marché en 2022, après une année 2021 déjà très intense en raison
Le marché du travail a continué à bénéficier de la forte croissance
des taux d’intérêt très bas et de l’envie d’espace qui a motivé de
enregistrée en 2021 et de nombreux emplois ont encore été créés
nombreux Belges à investir dans l’immobilier tout au long de la
en 2022. Le taux de chômage s’affiche à 5,5 %, même si l’écart
crise sanitaire. La hausse des prix de l’immobilier résidentiel s’est
entre postes à pourvoir et demandeurs et demandeuses d’emploi
légèrement ralentie en 2022, mais s’affiche toujours à 5 %, après
reste élevé, comme c’est le cas dans de nombreux pays où la pan-avoir atteint le niveau très soutenu de 8 % sur l’année 2021.
démie aura provoqué un autre regard sur le monde du travail dans
La remontée des taux d’intérêt à long terme est une source d’in-
de nombreux secteurs. La liste des métiers en pénurie n’a cessé
quiétude pour la gestion des finances publiques car la pandémie a
de s’allonger au fil des mois, alimentant grèves et revendications
fait des dégâts au niveau des déficits et des dettes publiques dans
salariales dans plusieurs secteurs-clé de l’économie comme les
de nombreux pays, dont la Belgique qui a vu son déficit grimper
transports ou les soins de santé.
à 9 % en 2021 et rester au-delà de 5 % en 2022. Il importera pour
La plupart des pays d’Europe ont été confrontés au même choc
la suite de voir quel impact une récession pourrait avoir, surtout
inflationniste, de sorte que la croissance a faibli partout dans la
que les banques centrales ont décidé de réduire la taille de leur
seconde moitié de l’année, au point qu’une récession n’est plus
bilan dans le but de mieux maîtriser l’inflation. Ceci implique que
exclue pour les prochains trimestres.
les états qui auront besoin de lever des fonds en 2023 ne pourront
plus systématiquement compter sur leur banque centrale pour
Les États-Unis sont parvenus à tirer leur épingle du jeu grâce Ã
acheter leurs obligations, mais devront à nouveau convaincre les
leur indépendance énergétique. Ils ont d’ailleurs rapidement pallié
investisseurs privés du bien-fondé de leur gestion.
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RAPPORT ANNUEL CONSOLIDÉ DE BNP PARIBAS FORTIS 2022